Le jour se lève… Les rayons du Soleil me caressent la peau, je ressens une douce chaleur à l’intérieur de moi… Qu’il fait bon être dehors ! Sur le manteau neigeux se sont imprimés les traces de mes bottes, se mêlant à des traces d’animaux. La Nature est invisibles, mais elle se trahit parfois !
Il n’y a pas de vent aujourd’hui… Mais hier, lorsque je suis venu avec ma sœur, une forte brise soufflait, mais l’air n’était pas froid…
Moi, j’aime ma sœur. Elle est jolie, a beaucoup d’esprit, elle est drôle, et on joue souvent ensemble à cache-cache ou à chat… Bref, une fille remplie de qualités. Moi, je suis un peu simplet, mais elle aime ma personnalité… C’est vraiment quelqu’un de grandiose !
Hier, nous sommes allés nous promener dans ce bois situé pas très loin de notre maison. On a marché dans la forêt pendant de longues heures : elle m’a beaucoup parlé de ce qu’elle voulait faire plus tard, on a aussi beaucoup ri.
Puis, nous nous sommes arrêtés dans une clairière où il n’y avait qu’un seul arbre qui était immense.
Mes yeux sont restés comme accrochés à ce géant de verdure et même aujourd’hui, il m’impressionne encore plus que la veille. Nous étions tellement imprégnés de cette douce atmosphère que nous sommes restés ici toute la Nuit. L’arbre doit être un sapin. Je n’ai jamais été doué pour reconnaître les arbres, mais il me rappelle celui que l’on mettait jadis dans le salon de la demeure familiale, quand j’avais cinq ou six ans, et que l’on décorait avec ma sœur. Je me rappelle encore les guirlandes poilues et les boules de toutes les couleurs. Je me souviens également que mon deuxième père devait venir pendant la nuit du 24 au 25 décembre, mais je ne l’ai jamais vu ; mon premier papa et ma maman disait que je ne devais pas le voir, que je serais couché… Je connaissais même son nom : Noël.
Le père Noël… Moi, mon premier papa s’appelait Hervé. Le père Hervé… Ca sonne moins bien, mais comme je n’ai jamais vu le père Noël, cela n’a donc pas d’importance. Pourtant, il venait qu’une fois dans l’année, à la même date, et toujours en pleine Nuit et comme je ne pouvais pas le voir, il laissait, pour moi et ma sœur, plein de cadeaux sous le sapin…
Bref, ici, le froid commence à s’installer dans la plaine et mes doigts commencent à durcir… Je me demande ce que pense ma sœur de cet endroit où je l’ai emmené. Elle ne dit rien, elle reste là, devant moi, depuis deux jours aussi, sa peau est devenue toute bleue et sa tête penche sur le côté, le cou serré par le nœud coulant, elle se balance au bout de sa corde qui grince et qui est attachée elle-même à une branche du sapin… Je savais que je n’aurais pas dû la pendre ici, les nuits sont fraîches, elle risque d’avoir froid…